 |  |  |  | | Published since: November 7, 2011 Last update: November 15, 2011 |
Max Jacob : la Cène, 1937
Support
Verso
Attributions faites et commentaires faits au crayon à papier, ou, peu s’en faut à l’encre, à Max Jacob.
Deux cachets de collectionneurs, dont un, confirmé d’une griffe.
Recto
Papier d’un genre plutôt lithographique, 37.9 X 28.5 cm, au filigrane partiel «. H. E. S. ». On conçoit que dans certaines conditions on utilise tel ou tel & n’importe quel papier pour n’importe quelle opération graphique. Mais ici, nous avons un usage audacieux, du support lithographique pour des traitements différents de leurs destinations. Car quelques rajouts (gouache ? Pastel, aquarelle ? )Contredisent les lignes de force horizontales pour animer la scène, la dernière, cette Cène, avec de l’aquarelle. Elle est signée Max Jacob, 1937.
Description
La surface utilisée correspond à une aire de 25 X 21.5 cm, environ. Le Christ, déjà nimbé, distribue le pain à un premier apôtre (saint Pierre peut-être) puis saint Jean, assurément. Un des apôtres se cache sous la hauteur de la nappe de table, et s’enfuie : probablement le malheureux Judas.
La scène représentée est pourtant bien celle de La Cène.
L’interprétation est magnifiquement originale, et très intéressante dès lors qu’elle vient d’un «convers» dirions-nous, ou mieux, d’un converti (au Christianisme).
Des tests auront été faits : tout indique que nous ayons une lithographie originale en manière de dessin à la plume, mais sur-aquarellée d’ocre, de rouge, de vert et de bleu, ou sur-lignée au pastel.
La signature, en manière de plume, d’un trait plus épais que dans cette scène de La Cène, est authentique, et n’a pas été testée pour cette raison.
Nous avons quoi qu’il en soit, une œuvre majeure d’une part, et rarissime d’autre part.
1- Elle est majeure parce qu’elle ré-interprète complètement les figurations traditionnelles de la Cène, ce qui, venant de quelqu’un anciennement de confession juive, apostasiant et transgressant vers la confession chrétienne, est lourd de proposition.
2- Elle est rarissime d’autre part puisque l’œuvre du poète-artiste, précédant de peu la guerre horrible, ne put laisser de traces que rarissimes dans une Europe tétanisée et manipulée par la peur, et dans une Bretagne trop faible pour résister, quoique première à le faire militairement dans l’Hexagone.
Mais, d’où vient l’œuvre ? De Quimper, probablement ! Sa grande rareté justifie le coût de cette lithographie, dont le sujet est traité quant à lui aussi de façon exceptionnelle sur le plan iconographique et formel.