Anne ThomannPosted: may 15, 2015 / Modified: may 16, 2015
Si l’arrière-plan de cette nouvelle série reste celui du renouvellement de l’abstraction des années 1980/1990, il se situe dans la continuité des œuvres précédentes.
Par la juxtaposition de différents champs monochromes ou tramés, interrompus ou révélés, l’exploration des couches sous-jacentes nous invite à déceler la transparence des plages colorées.
La gestuelle calligraphique d’une ligne vient souvent interroger le sens de l’orientation spatio-temporelle.
Tout a l’air calculé, encadré, maîtrisé. Des plages colorées, neutres ou en relief, lisses ou hérissées de quelques strates ou à demi occultées, mémoire de ce qui se trame ailleurs dans le tableau, se répondent dans une composition bien organisée et équilibrée.
Mais par endroits surgissant de la ligne, se déversent des fluides, dont l’alchimie née de nouveaux réseaux matiéristes mais plus libres, comme une réponse de l’entropie à l’ordre, comme une tolérance bienveillante dans un cadre grillagé ou à l’inverse comme une affirmation libre et autonome malgré tout.
Tous ces signes, réseaux, rayures font trame, deviennent un épiderme où l’organique, le biologique interroge la proposition abstraite. Aucun sens ne s‘impose.
Le regard s’évade, porté par la prose narrative.
Et quand l’histoire s’arrête une nouvelle possibilité éclôt dans le retournement de l’œuvre. Et plus la lecture progresse, plus l’œil découvre que tout a été calculé pour le distraire et qu’il puisse s’échapper librement vers un ailleurs plus intérieur en toute connaissance.